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Oublie-moi, sous couvert de Dieu.

Khaless Allen
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Professeur de Remise en Forme
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Masculin Surnom Surnom : Khal
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MessageSujet: Oublie-moi, sous couvert de Dieu. Jeu 24 Jan 2013 - 0:05

Cette lettre-là, cela faisait une semaine que j’aurais dû l’ouvrir. Une semaine normale. Tout simplement normale. Normale pour moi : celui qui devait ingurgiter comme petit déjeuner d’innombrables pilules. Une semaine normale, où en pleine journée on se rend compte de quelque chose. Juste d’une main qui tremble. Une main qui tremble n’est qu’une main qui tremble n’est-ce pas ? Mais est-ce toujours le cas, lorsque l’on sait que l’on vide bouteille, après bouteille, le soir ? Au début, c’était juste pour marquer la fin d’une bonne journée avec un bon verre. Le second c’est pour se réconforter. Le troisième pour avoir le courage d’affronter demain. Le quatrième c’est juste pour dormir… Mieux dormir. Et l’alcool fait des ravages avec mon traitement. C’est presque drôle.
Cette lettre là, je l’ai ouverte il y a quelques heures. Je me demande encore pourquoi diable, je l’ai ouverte, en ce merveilleux vendredi soir, début de mon congé hebdomadaire. Je n’avais jamais vraiment connu cela avant. Une lettre. Je savais exactement ce que j’allais y trouver. Mes résultats sanguins, un mot de mon médecin, dont j’avais refusé le rendez-vous. Le rendez-vous voyez-vous ! Pourquoi votre médecin voudrait-il prendre du temps à vous parler si ce n’est que pour vous faire avaler une mauvaise nouvelle ? Alors je l’ai ouverte cette putain de lettre, et je l’ai regardé. Non, je ne l’ai pas lu, je n’avais quasiment qu’un seul chiffre, qu’un seul taux, qu’un seul pourcentage à regarder. C’était celui qui résumerait tout de la situation. Il résumerait l’état de la guerre qui se passait dans mes veines, cette guerre affreuse et injuste que livraient mes défenses contre cette délicieuse maladie. Pourriture de maladie. Ces taux là, ne pouvaient pas toujours être apport de bonne nouvelle. Nous ne serions plus pas la réalité, si c’était le cas. Alors j’avais posé cette lettre. Et je suis resté figé quelques minutes. Non, je n’arrivais tout simplement à y croire. Je ne voulais pas l’admettre. Ces nausées. Ces pertes de poids répétées. Ce manque de force. Ces maux. Et ce n’était que le début. Le début avant la déchéance, le début. A moins qu’un nouveau traitement fasse de l’effet, juste quelques temps, puisque ce virus ne cessait de muter. Il muterait pour contrer le traitement. Et j’enchaînerais un autre traitement. Et j’enchaînerais avec une balle dans mon crâne. Je me voyais déjà mort dans mon miroir le matin. Je ne me reconnaissais pas. J’étais tout simplement affreux. Et ce n’était rien. J’avais encore des années paraissaient-il. J’en avais vu d’autres qui avaient vécu des années ainsi, avant que la maladie n’attaque réellement. Ce n’était que le début. L’infection. Et puis tout irait mieux après. Ou pas.

Et visiblement, la seule manière que j’avais trouvée pour contrer cette maladie, se résumait en un seul mot : l’alcool. De toute ma vie, je n’avais bu que pour fêter d’heureux évènement, bu après une tuerie, bu pour me réchauffer. Jamais d’une telle manière. Jamais, pour me mettre si mal. Jamais, je n’étais allé dans un bar. Seul. Juste pour boire. Juste pour oublier. Juste pour me sentir dieu tout puissant une nuit durant ? Même pas. Je détestais l’alcool : j’avais tellement vu ses ravages dans ma vie. Je détestais l’alcool, je trouvais cela tellement inutile, de noyer son chagrin et sa douleur dedans. Pourtant, c’est ce que je faisais ces derniers jours. Dépendant de médicament, dépendant de médecin. Même plus de ma sœur, ni même de ma femme. Ex-femme. Et puis il y avait cette histoire avec l’infirmier, qui me torturait.

Je ne savais même pas pourquoi je pensais à lui, alors que j’observais l’extérieur du bar. Pourquoi je pensais à lui, alors que je finissais cul sec mon verre. Peut-être parce que j’avais compris ce que j’avais fais semblant d’ignorer. Peut-être que j’avais réalisé tout au fond de moi, ce que je voulais aussi. Même si c’était affreux. Même si c’était tout simplement impensable, et que j’arrivais encore à grimacer de cette envie qui vivait en moi. Mais je l’étoufferais toujours plus. Encore, et encore. Je lui romprais le cou, pour qu’elle cesse de vivre cette envie. Il faudrait tout simplement que je me fasse détester. Ou que je lui dise la vérité. Le SIDA n’était-il pas le pire fléau de la communauté homosexuelle ? Communauté… Quelle horreur… Je grimaçais alors que mon regard se perdit vers l’intérieur du bar. Remarquer cette main féminine posée sur la cuisse d’une autre femme. Non, ca, dans les mœurs c’était plaisant. Mais tout aussi homosexuel et interdit par la religion qu’entre deux hommes. Je ne finissais par reporter mon attention toute entière sur le fond de mon verre. Ce verre vide. Tellement vide.
C’était donc cela ? J’étais tombé amoureux ? Il n’y avait plus que cela, pour que j’arrive à m’en torturer l’esprit. Surtout maintenant. C’était sûrement réciproque, dans toute l’indélicatesse et maladresse que pouvait le montrer cet homme. Mais à quoi cela servait ? Je serais mort dans moins d’un an. Ou peut-être deux. Ou cette nuit, qui sait. Un militaire ivre, renversé par une voiture, à la sortie d’un bar. Tellement plaisant. Mais au moins, mes mains ne tremblaient plus par manque. C’était tellement honteux. J’avais toujours eût une vie propre, quasi saine. Peut-être bien que j’avais trop péché de chair, mais jamais la drogue. Jamais d’abus d’alcool. Et me voilà qu’aujourd’hui je n’avais absolument plus rien. Plus de vie, plus de métier, plus de femme, plus de maison. Plus rien. Ma vie était ruinée, à l’inverse de mon compte en banque. Je fermais les yeux, appuyant mon front contre mon poing. C’était…. Rageant. Cela m’énervait. Cette vie tellement injuste. C’était comme si je crevais d’un cancer du poumon, sans avoir fumé une seule clope de ma vie. Se sentir mourir à cause de connerie des autres. Parce que j’ai fais confiance en une femme… Parce que j’avais été fidèle… Parce que j’étais un mari aimant, et que je me plaisais à lui faire l’amour, quand j’étais là. A me faire pardonner de mes absences. Peut-être que si j’aurais été un salaud, à voir ailleurs, peut-être aurais-je considéré la chose différemment. J’aurais préféré continué à me protéger même avec ma femme. Même après cette fois, où nous sommes allés nous faire dépister ensemble… Cela avait été une étape de notre relation… Le fait qu’elle me soit infidèle aussi, visiblement. Pour mon absence. J’ai toujours tout fait bien dans ma vie ! Et je crèverais pour ça ! Pour de la confiance ! De l’amour ! Je crèverais à cause d’elle ! De mes absences ! De cette putain d’Armée, qui crachait sur mon dos !
Ou peut-être à cause de cet homme qui vint me bousculer, alors que je me levais pour rentrer…. « chez moi » ? Cet homme qui reçu mon poing dans sa sale gueule d’ivrogne. Alors je ne sais plus, je ne sais pas. Je ne sentais pas la douleur, juste la chaleur du sang de ma lèvre éclatée, la chaleur de ma pommette rougis, de mes phalanges sanglantes. Je me souviens juste de mon rire, et puis de ces mecs qui me jetèrent hors du bar. C’était peut-être pas plus mal. Cela serait une sombre et inutile manière de crever. J’aimerais au moins que l’on se souvienne de moi. En bien…. Mais c’était sûrement trop tard.

Alors j’essuyais ma lèvre avec ma manche. Manche de chemise trop blanche décidément. Je fis craquer mes doigts, alors que je m’éloignais du bar. Du centre ville. J’avais mes clefs dans ma poche. J’étais peut-être complètement ivre, mais pas totalement inconscient. Je rentrerais à pieds, jusqu’au centre. Ou au moins jusqu’à un hôtel. Si j’en trouvais un. Ou bien je dormirais dans une rue, je n’en crèverais pas : j’avais tellement fait pire. Alors je marchais lentement dans ces ruelles. Ces rues. Jusqu’à ce que je prenne appui contre un mur. Etait-ce une nausée, ou un abus d’alcool, ou même un mélange des deux, qui m’obligea à me pencher pour vomir mes tripes et cet alcool ? Bonne question. Je crois que je ne préférais pas savoir.

Alors j’avalais une pastille à la menthe pour m’enlever ce goût ignoble de la bouche, et j’avançais encore. Et puis il eût ces poubelles, qui goûtèrent à cette frustration cette colère. Ce ne fut que lorsqu’elles furent renversées, que je n’entendais plus que ma respiration sifflante, que je m’éloignais encore, les mains sales. C’était tellement…. Écœurant. Injuste. J’avais vécu toute ma vie pour cette Nation. Pour notre futur avec cette sale c****. Toute une vie ! Pour mettre de côté, pour nos retraites. Et voilà comment tout cela allait se finir ! C’était tellement ironique ! Tellement drôle ! Cela me donnait envie de vomir encore, me donner envie de rire, jusqu’à en mourir !

Et puis il n’y avait plus que les lumières des lampadaires, et la fraîcheur de la nuit. Il n’y avait plus que mes longues mèches écarlates qui volaient lentement sous la bise glacée du vent. Et moi. Cette douleur, cette colère. Mais j’étais seul face à l’immensité du Monde. Pourquoi Dieu viendrait-il se préoccuper d’un grain de sable dans l’immensité d’un monde ? Alors j’avançais, sans plus vraiment chercher d’hôtel…

Et puis ce fut au croisement d’une rue, que soudainement quelqu’un entra dans mon champ de vision, mon épaule percutant la sienne. Alors je pivotais un peu vers elle, pour articuler :

« Hmm... Pardon. »

Vieux, ou vieille, d’ailleurs. Et puis je me tus, lorsque la brume de l’alcool se dissipa quelques secondes pour mettre des traits sur ce visage. Ludovic. Etait-ce donc ainsi que Dieu me guidait ? Ou bien voulait-il faire durer le jeu, le plaisir, la douleur un peu plus longtemps ? Un supplice de plus ? … Comment te dire… Je t’avais fuis depuis la dernière fois ? Oui c’est vrai, je t’ai évité. Ton regard, ta présence, tout. Parce que je n’avais pas envie de te voir encore. Si libre, si beau, si inconscient de tout, si emmerdeur. Tout comme je n’aurais pas envie de voir ces gosses pourrir leur propre vie, alors qu’ils pourraient avoir tellement plus. Toi aussi tu pourrais avoir tellement plus ! Moi aussi ! … SI j’étais égoïste et menteur, jusqu’au bout des doigts. Mais ce n’était pas le cas. Et peut-être bien que c’était toi, en fin de compte, que je voulais, et il m’a fallut tout ça pour le sentir, le comprendre, et surtout le reconnaître. Mais… C’était tellement inutile. A quoi bon ?

« Désolé… Ouais… J’crois que j’marchais pas très… Très droit. »

Un sourire passa sur mes lèvres, alors que je posais ma main contre le mur. Mon regard finit par quitter ton visage. Peut-être bien que j’attendais que tu te casses pour continuer mon chemin en zigzagant. Pour me passer cette honte de plus. Continue sur ta lancée, ton chemin. Trace ta vie, et puis oublie de m’avoir vu, et tout le monde sera heureux.
Mais c’est vrai qu’au fond… A te fuir, les moments où tu venais m’emmerder finissait par me manquer. C’était un peu la seule chose intéressante et distrayante qui j’avais dans mes journées jusqu’à présent. Qui me laissait penser que je pouvais encore avoir de l’importance sur cette Terre, même injustifiée. Qui m’éloignait de ma réalité, et de mes soucis. Et pourtant, seul le fait de t’avoir là, pas très loin, me faisait penser à tout ça. A cette lettre, ces résultats, cette colère, cette haine. C’était de l’injustice.

Un dernier sourire, et un dernier signe de tête, pour te laisser t’échapper, fuir ce malaise qu’il y avait, et aurait sûrement toujours entre nous. Un dernier regard, et je faisais un premier pas en avant. Et je perdais déjà l’équilibre.

J’ai fais de ma vie, une carrière militaire. Ainsi donc se résumait ma vie. J’ai déjà tout eût, mais j’ai raté ma chance. Dieu m’a tout repris.
Aujourd’hui, je suis un rétrogradé, alcoolique, et seul.



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MessageSujet: Re: Oublie-moi, sous couvert de Dieu. Ven 8 Fév 2013 - 17:13

      « Hmm... Pardon. »

    Je relevais les yeux de ma dernière cigarette qui venait de se scinder en deux. Coupée nette entre mes doigts, dévoilant un tabac aux nuances brunes et dorées finement coupé. Du blond. C’était le meilleur, ou tout du moins celui que je préférais. Il est plus doux et son odeur est moins piquante. Plus supportable pour le fumeur compulsif que je suis. De ceux qui se grillent des clopes pour passer le temps, pour décompresser ou juste pour avoir l’air occupé quand ils attendent leur bus à un arrêt. Ça donne l’impression d’avoir une vie et d’être foutument occupé avec la main portée à la bouche, portable dans l’autre.

    m*rde.

    Ma dernière quoi. La bousculade m’avait violemment rappelé à la réalité quand je portais à mes lèvres mon briquet. Cet instant où j’allais pouvoir inspirer cette épaisse fumée libératrice. Un zippo que m’avait offert ma mère je crois, quand le paternel avait décidé de me couper les vivres. Jolie compensation. Ainsi dont, je ne mourrai pas de froid comme ça, si un jour je devais terminer à la rue et finir mes jours sous un pont. Pourtant j’avais encore ces goûts de luxe. Je détestais toujours devoir me priver, m’interdire de m’offrir que ce qui me faisait envie. Ouais. J’étais définitivement bien un de ces sales gosses à qui l’on avait constamment satisfait le moindre de ses désirs. Enfant de caprices d’une femme au foyer qui manquait juste de distraction dans ses longues journées de m*rde. Aussi vide de sens qu’avait bien pu être la mienne. Et je devais me contenter de cette misérable paie. Quoi qu’en y réfléchissant, je gagnais bien plus que bon nombre de mes collègues cadets réunis. Vive la double fonction. Pourtant je ne pense pas que je vivrai plus gourmand encore avec quelques billets en plus dans les poches. Après tout, je n’avais pas de bouches à nourrir, personne à aider. Juste moi et c’était bien comme ça.

    C’était très bien comme ça avant que je mette les pieds ici.

      « Désolé… Ouais… J’crois que j’marchais pas très… Très droit.
      - Ah tu crois… ?. »

    En fait, je n’en avais aucune idée. J’avais été beaucoup trop absorbé par l’allumage pour ne serait-ce qu’entendre le bruit des pas avant de passer le coin de la ruelle.

    Je me baissais alors pour ramasser ma paire de lunette qui avait atterri à nos pieds dans un léger soupire. Du revers de ma manche j’essuyais les verres passablement salis par la poussière goudronneuse, avant de les glisser de nouveau sur mon nez. Première fois que tu me verrais avec. Je n’aimais pas particulièrement les porter. Je détestais ça même. Cela me donnait cet air faussement savant, avec cette épaisse monture noire et rectangulaire faite de plastique. Parait-il qu'elles m'allaient bien. Mais je soupçonne le vendeur de m'avoir caressé dans le sens du poil pour gonfler sa prime de fin d'année. Bref. Pour dire vrai, depuis quelques jours, les maux de tête sont devenus mes compagnons de fin de journée. Ce soir encore ils avaient frappés. Parfois même c’était eux qui venaient me réveiller au petit matin.

    Je croisais enfin ton regard et c’est seulement à cet instant qu’un sourire se glissa sur mes lèvres. Plutôt amusé au fond, même à la vue du sang qui maquillait ton visage. Ça t’allait presque bien, même si cela jurait avec la patience légendaire qui marquait habituellement tes traits. Mais j'ai appris récemment, à mes dépends, qu'il ne fallait plus se fier aux apparences.

    Je fixais alors cette main posée contre le béton crasseux tout comme elle, avant de reposer les yeux sur toi. J’arquai un sourcil en te voyant bouger et te libérais le passage en m’écartant vers la bâtisse. Les narines me piquaient sous ces vapeurs d’alcool, de transpiration et puis de sang. L’alcool. J’y réfléchissais. Peut-être que c’était moi. Non, impossible. Cela faisait plusieurs heures que je m’étais habitué aux essences de l’orge fermenté que j’avais ingérées. Puis ce n’était que deux petites bières. Ou tout au plus trois. A chacun ses petits plaisirs, hm. Mais ma consommation ne m’avait même pas permis d’atteindre le fameux stade joyeux. Le sang. Sur cette chemise qui devait être tout aussi blanche que celle je revêtais sous ma petite veste de dandy. Noire quant à elle. Cintrée, mais au final rien de plus simple, tout comme ce pantalon trouvé le week-end dernier dans la boutique un peu haut dans la rue. C’est d’ailleurs là que j’ai rencontré les nanas avec qui j’ai passé ma soirée. Des nouvelles copines ouais. Des gonzesses, des meufs plus ou moins bariolées. Des filles. Je sais les aimer tu sais. Je les aime juste différemment. J’aime leurs caprices, leurs moues, leur facilité à passer du rire aux larmes. De s’amuser de tout et de pleurer pour rien. Leur peu de contenance quand tout va mal et leur force de toujours pouvoir se relever. Je les aime parce qu'avec j'oublie. D'ailleurs j’ai oublié leurs prénoms fleuris pour leur accorder des surnoms, c’est tellement plus facile à retenir. Chose que je n’ai pas faite pour toi, alors que j’ai surement dû hériter du joli substantif de tantouze. Là est toute la différence.

    C'est peut-être pour ça aussi que je ne t’en voulais plus. Après tout, pourquoi je t’en voudrai de préférer la grâce de leur sourire ou la douceur de leur voix ? Pourquoi je t’en voudrai de ne strictement rien comprendre à ce que je te dis puisque je suis moins voluptueux et moins en chaire ? Je crois même que ce jour-là j’avais tout dit et que par conséquent je n'avais plus d’utilité à te courir après, aussi ridicule soit-il que j’en sois encore à pratiquer ce genre de jeu de cours de récréation. Ou alors je suis encore atteint de ce syndrome qui me fait penser que j’arrive à tout énoncer clairement et c'est compréhensible par tous. Enfin… dans tous les cas le résultat était le même, je ne te voyais plus. Seulement quand nos supérieurs nous imposaient de nous côtoyer le temps d'une de ces austères réunions.

    Alors voilà. Encore une conversation stérile dont nous devrions nous contenter, de celles dont j’ai eu tout le loisir de me nourrir avant de prendre la décision de rentrer.

    Ou pas, puisque ma main vint s’accrocher au tissu de ton haut pour t’épargner l’inévitable chute, et ce même si cela m’aurait surement beaucoup plus amusé. Méchant ? Non, je pensais juste à ce fichu coup de poing et j’en sentais encore la sensation douloureuse engourdir ma joue même si j’en n’en portais plus les marques rougissantes. Je serrais donc mes doigts sur le coton qui revêtait ton dos, laissant quand même s’exprimer discrètement le rire qui me démangeait, pour venir te soutenir. Qui l’eut cru…

      « Rah m*rde, j’ai loupé la soirée… ? »

    C’est donc en tentant de reprendre mon sérieux que je passais mon bras à l’arrière de ton corps, hauteur de ta hanche, l’autre s’occupant de passer le tien par-dessus mes épaules. Juste le temps d’atteindre la rambarde qui séparait la route du trottoir. Et quelle chance tu as ! tu ne supporterai mon contact que le temps des quelques pas qui nous en séparaient. Le choix était sans doute peu judicieux, mais il y avait peu de risque que tu te fasses écraser en tombant à la renverse. A cette heure-ci la ville se meurt d’automobiles et de vies. Au pire, il y avait toujours le banc de l’abri bus si tes jambes venaient à céder dans un vertige alcoolisé. Je te relâchai donc quand tu fus assez proche pour t’appuyer et resta en face de toi.

      « On se pose deux minutes, je te raccompagne après. Je pense que tu rentrais aussi... »

    Parce que je suis trop gentil. Ou que cela m’inquiétait de savoir que tu allais rentrer au centre dans cet état. Et pour rien au monde je n’avais envie, non plus, de louper ce spectacle. Mes yeux quittèrent pourtant ton visage pour observer la putain entraîner son client dans l’hôtel de l’autre côté de la rue. Quand je pense qu'il y a une époque on me payait pour avoir un peu d'amour. Voilà maintenant que j'en avais à revendre, mais pas à n'importe qui. Ma main se glissa dans la poche de ma veste pour récupérer ce qu’il restait de mon ultime tube cancérigène pour l’allumer. Un jour j’arrêterai, promis. J’avalais la dose de nicotine, la laissant patienter un instant dans ma bouche, avant de la laisser gagner mes poumons. Les emplir et les noircir plus qu’ils ne l’étaient déjà. Là, mon attention revint tout à toi alors qu’un long filet blanchâtre quittait l’ouverture de mes lèvres. Tu vois, je ne t’en voulais même pas.

    Je vins à mon tour prendre place contre le métal froid de la barre et je fixais la plaie qui ornait ta lèvre, ces trainées pourpres mal essuyées. Et dire que je n’aurais même pas le plaisir de m’en occuper. C'est triste.

      « Il... ou elle... t’a pas loupé. J’aurai pourtant mis ma main à couper que tu supportais mieux l’alcool. Mais visiblement ça ne te réussit pas, ça aussi. »


    Fin de cigarette pendante à mes lippes, étirées en sourire, je remontais mon col et réajustais correctement mon épais foulard autours de ma gorge en râlant quand mon souffle trop chaud vint embrumer les verres de lunettes. Depuis que j’étais arrivé sur le continent américain j’avais perdu l’habitude des grands froids du Nord de l'Europe, mais pas sans regret quand l’été pointait le bout de son nez. Je reniflais discrètement d’ailleurs, mais sans doute n’entendais-tu que la moitié de ce que je pouvais dire et même faire. Fermé comme une huître, comme toujours, et je ne suis pas friand de fruits de mer. Je sentais que j’allais déjà devoir faire conversation seul, mais cette fois-ci sans craindre de pisser le sang pour un mot de travers ou un geste mal placé. Non aucun risque, pas dans ton état, tu perdais presque toute crédibilité. Même s’il fallait évidemment faire abstraction de ta carrure trop imposante, digne d’un gladiateur ❤

Khaless Allen
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MessageSujet: Re: Oublie-moi, sous couvert de Dieu. Dim 10 Fév 2013 - 20:07

Toujours droit. Toujours trop propre. Toujours irréprochable dans ta présentation. Cette même manière de plier ton écharpe autour de ta gorge. Jusqu’à cette mèche brune coincée derrière ton oreille. Et puis ces lunettes que j’avais déjà vues. Oui, un de ces soirs, où j’ai voulu venir te voir dans l’infirmerie alors que tu étais de nuit. Y aller parce que je voulais m’excuser sincèrement, et discuter. Te parler de ces choses étranges qui m’habitent, te parler de mes envies, et peut-être même de mes réticences. Comme un adulte. Et c’était comme un faible, un lâche que j’étais repartis. Je t’avais juste observé refaire les bandages de ce gosse, et puis je suis parti. Oui, je n’arrivais plus à avoir une simple discussion avec toi. Où du moins, nous n’avons jamais su avoir eût ce genre de discussion. Je n’avais été qu’une proie. Une proie réticente, et donc bien plus intéressante. Je suis sûr que peu d’homme te résistait au final. Que t’en avais fais virer de bord, bien plus d’un. Trop d’assurance, trop parfait, trop libre. C’était comme si le monde te bouffait dans la main, ce que tu désirais tu l’obtenais. Même moi, tu finirais par m’avoir. Mais plus je t’observais, même de loin, plus j’en apprenais de toi, plus je savais que nous étions de parfait opposé. Tu étais en quête d’attention. De ces petits plaisirs de la vie, qui se consument que trop rapidement. Tu étais la parfaite image d’un enfant de cette société dans laquelle nous vivons tous à présent. Et arrivé dans quelques années, tu finiras par chercher quelqu’un pour te poser, à moins que tu ne le fasses jamais, et que tu fasses partis de ces gosses qui ne s’imaginent pas une vie de parent, de vieux. Je n’étais au final, rien de ce que tu recherchais. Peut-être que tu avais ce truc en plus, qui me donnait envie d’essayer, ou même d’espérer, mais tu n’étais au fond, tout le contraire de ce que j’avais pu rechercher. Et c’était peut-être bien pour ça, que j’en avais envie. Puisqu’au final tout ce que tu consommais n’était qu’éphémère, je pourrais l’être aussi. Je n’aurais pas à me soucier de te dire la vérité, t’avouer les réelles raisons de ma réticence. Outre cette homophobie.

Mais si je me trompais ?

Je serrais mes doigts sur ton épaule, et je me laissais guider. J’étais d’un pathétisme sans égal. J’inspirais profondément l’air frais de la nuit, et m’appuyais contre cette rambarde métallique. L’air avait un goût de tabac. J’avais toujours associé cette odeur, à l’un de mes amis. Je souriais vaguement. Pourtant je n’aimais pas cette odeur, comme je n’avais jamais compris cette utilisation. Alors je t’observais sans rien dire. Je t’écoutais aussi. Et je détournais la tête à tes dernières paroles. L’alcool ne me réussissait pas ? … Ca aussi ? Je ne voulais même pas me rappeler de quoi tu faisais allusion. La communication ? L’échange ? Et toi dont.

« Je tiens l’alcool. Pas quand j’les prends avec mes médocs, c’tout. »

Ce qui était formellement déconseillé, voir même interdit. Tout comme trop de chose. Mon corps finirait par devenir une véritable prison. C’est lorsque l’on arrive à ce genre de choix, que l’on doit revoir notre définition de la vie. Vivre moins, mais vivre normalement jusqu’à se donner la mort par non traitement ? Ou vivre pour longtemps, avec nos proches, et devenir ce légume, détruit par la maladie ou les traitements médicamenteux ? Quelle est la vie que vous souhaitez avoir, quelle en est sa définition ?
Je relevais la tête un instant, pour reposer ton regard sur toi, à présent à mes côtés. Je t’observais trop longtemps, peut-être bien que je te fixais. Même si mon regard finissait à plonger dans le vague, il était dirigé vers ta personne. Et j’ajoutais, à moitié présent :

« Ou quand j’dépasse mes limites… Et il a p’tèt’ pas raté ce coup là, mais il a raté les autres… »

Et j’ouvrais lentement mes mains, pour les refermer ensuite, mes phalanges craquant légèrement, sanguinolentes elles aussi. J’étais idiot quand je buvais. Violent aussi, visiblement. Et pour dire, je ne me rappelais même plus pourquoi j’avais frappé ces hommes-là. J’ouvrais un instant un peu plus grand les yeux, avant de papillonner un instant, et me redresser à peine, pour serrer mes doigts contre la rambarde. Mon regard se perdit contre le mur de brique. Il faisait froid dehors. Ou bien c’était moi qui avait froid, mais je sentais ma peau s’éveiller, mes cheveux s’hérisser. Je me sentais presque vivant, bien qu’enfermer dans ces molécules d’éthanol dans lequel mon sang et mon esprit flottaient. Je ne changeais toujours pas d’avis. L’alcool c’était inutile. Et j’étais bien c** d’avoir bu autant. Pour quoi au final ? Pour ça ?

« C’qui est c**… C’est que j’me souviens même plus p’quoi… J’me suis battu… »

Je parlais sûrement au vide. Ou même à ce mur. Peut-être même que je pensais à voix haute. Et pourtant, visiblement l’alcool avait encore envie que je vomisse des paroles étranges :

« J’me souviens juste, d’avoir pris… Deux vodka d’plus parc’que… Tu sortais pas d’ma tête. »

Et j’eus un léger rire. C’était plutôt hilare. Ironique. Non vraiment. Boire pour t’oublier, et tomber sur toi, avant que je finisse ivre mort sur la chaussée. Comme ça, tu prendrais deux minutes de plus pour réfléchir, et vraiment savoir si ma paire de fesses en valait vraiment le coup. Parce que tu ne me connaissais pas, et moi non plus. Et je refusais de croire que l’on puisse tomber amoureux pour si peu, pour des insultes. Tu bandais juste en m’imaginant en toi, c’est tout. En t’imaginant combien tu pourrais prendre ton pied avec le putain d’homme que j’pouvais être. Rien de plus. Allez, va. Peut-être que tu connaissais mon dossier par cœur, aller, je te l’accorde. Quoi de plus ? Tu ne connais pas mes goûts, mes préférences, juste mes réactions de m*rde. Et voilà. Et si t’es amoureux de ça, il est temps que tu te casses, ou que t’ailles consulter. Les deux peut-être. Parce que là, t’es en train de tout briser, et de me rendre dingue. Non, putain, j’arrive à m’imaginer t’embrasser, c’est complètement indécent ! Inhumain ! Il a fallut que tu laisses trainer tes mots à la c**, et tes prétextes de m*rde, pour ébranler tout ça. Et j’t’en veux pour ça, surtout si au final, tu me lâches, alors que j’étais à deux doigts de craquer.

En faite, les lunettes, ca te donnait un air, vachement plus crédible. Un peu moins stupide, et péteux aussi. Mais à l’Armée on favorisera une opération à des lunettes. Ca serait tellement c** qu’elles s’explosent pendant un raid, ou qu’une poussière vienne à vous faire perdre votre lentille, alors que vos soldats se font démembrer par des mines. C’est cool. Et maintenant je ricane tout seul, c’est tellement c**. Et puis je soupirais, en passant ma main contre mes yeux.

« Oh bordel de chiottes… J’ai encore envie d’gerber... J’crois que l’autre en haut, il a pas aimé, quand j’l’ai traité d’enculé, t’à l’heure. »

Et puis je me redressais à peine, en sentant une goutte d’eau me tomber sur le bout du nez. Peut-être bien que j’étais en train d’halluciner là. Je relevais la tête vers le ciel noir, vers le lampadaire juste au dessus de nous. Et puis voilà, il commençait à pleuvoir pour de vrai. Je clignais des yeux un instant, et puis rajoutais, amusé :

« Tu vois… Qu’est-ce que j’disais… Il m’pisse d’ssus maintenant, il est trop aimable. »

Un nouveau rire me prit, et puis je soupirais enfin pour me calmer. Je passais mes doigts dans mes cheveux trop rouges, qui mériteraient sûrement un peu de repos eux aussi. Je me tournais un peu vers toi, et je changeais de nouveau de sujet :

« J’ai appris que mon meilleur ami allait ramener son cul ici… … … Lui aussi, il est homosexuel. Sauf que lui… Il passait pas son temps à reluqué mon cul… »

Et pourtant c’était un sourire amusé qui ornait mes lèvres, quand je te regardais. Comme si cela ne me gênait pas au fond. Ou plus. Je te regardais sans rien dire, juste à observer cette fumée blanchâtre qui sortait de tes lèvres. Et puis je te posais une question, le regard planté dans le sien :

« T’es au courant, que le tabac, ca donne vraiment un goût ignoble, quand t’embrasses quelqu’un ? »


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MessageSujet: Re: Oublie-moi, sous couvert de Dieu. Lun 11 Fév 2013 - 1:44

Je mentirai si je disais que la première chose que j’avais remarqué chez toi c’était ta générosité ou encore ton air autoritaire. Non, au début je n’ai vu qu’un corps taillé dans la pierre. Ces épaules de deux fois ma largeur, des cheveux rouges. Cette coupe de marginal, aussi étrange que celle de ta sœur. Et ça m’a toujours surpris, plus encore quand nous avons échangé nos premiers mots. Puis oui, j’ai vu ton cul. Je ne l’ai que trop bien vu, et si je devais un jour te dire toute la vérité, je te dirais même qu’il m’est arrivé de me rendre deux fois par jour dans les douches de la caserne juste pour les voir encore ces fesses. Mais généralement tu finissais ta douche bien trop rapidement. Enfin… j’ai fini par m’habituer à tes fuites et tes esquives répétées. J’ai mis du temps à comprendre, certes par la force des bras, mais j’ai compris. J’ai compris que ce n’était plus l’éclat vert de tes yeux ou le respect que tu inspirais qui me faisait perdre la tête. Ce n’était pas non plus tes réticences, même si elles avaient sans doute jouées au fait que je continue de m’accrocher. Encore. Me montrer plus relou que le pire des relous. Je ne saurai même pas me l’expliquer, pourquoi diable je te voulais. Pourquoi je ne te voulais pas que de mon lit, entre mes cuisses, ni même pourquoi je continuais alors que chaque parole que tu prononçais étaient aussi blessantes que des lames de rasoir. Mais j’ai bien ri les fois où t’étais juste irrité, un peu coléreux, que tu ne comprenais pas… parce que t’étais tellement… tellement ! Et parler de coup de foudre ça serait trop classique, trop commun, pour éclaircir ce point obscur. Et au final je m’en foutais bien de savoir les raisons qui me poussaient à… t’aimer ?

    « Je tiens l’alcool. Pas quand j’les prends avec mes médocs, c’tout. »

J’haussais légèrement les épaules en t’observant. Toi et ton regard qui fuit. Honte ? De quoi… de se foutre une mine ? Qui ne le fait pas… ça fait du bien parfois. C’est bon même quand t’as cette sensation que le monde t’appartient, que t’es dans ta bulle. Avec ce sentiment que chaque mot coule de source et que tout le monde se plaira à t’entendre philosopher sur l’utilité des quatre dents d’une fourchette. En tout cas, j’aime ça. Parce que ça détend, que ça te permet de parler sans te soucier du qu’en dira-t-on. Sur le coup. La gueule de bois le lendemain est, je l’avoue, beaucoup moins plaisante. Tes médocs. Je supposai que tu parlais des prescriptions de somnifères. C’est la seule chose que j’ai pu voir dans ton dossier. La seule information qui m’a été accessible. Parce que même ça je n’y avais même pas le droit. C’était ta sœur qui prenait soin. Parfois moi. Mais c’était tellement rare de te voir débarquer avant les mômes avec ton ordonnance, de me la tendre et puis de te barrer quand t’avais eu ce que tu voulais. Et même mes blagues ne t’arrachaient pas même un sourire. Tout comme les regards que tu me lance et qui en disent bien long sur ce que je suis pour toi.

Quoi que celui que tu me lançais là me fit relever la tête pour te fixer. Trop insistant à mon goût, trop différent. Alors j’écarquillai légèrement les yeux en t’entendant de nouveau reprendre la parole et me redressai sur la barrière.

    « Ou quand j’dépasse mes limites… Et il a p’tèt’ pas raté ce coup là, mais il a raté les autres…»
    - … je crois que ce n’est pas plus mal comme ça. »

Sur ce je quittais la longue observation de tes mains avant de soupirer tout bas en tirant de nouveau sur ma cigarette. Visiblement, oui, t’aimais ça : foutre des coups. Mais dans ce cas tu l’avais bien caché. Parce que je t’avais toujours imaginé calme et inébranlable. Alors je songeai un instant à l’état du type qui avait pris tes coups, sur qui t’avais passé ta… colère ? Peut-être bien qu’il était mort. Mh. Oui je l’admets j’avais beaucoup de mal à t’imaginer te faire mettre une branlée.

Je fixais tout comme toi le mur rugueux en face de nous, et mon regard ne bougeait plus. J’observais la géographie des pierres. Leurs reliefs, leurs couleurs. Histoire de passer le temps, que tu sois suffisamment en état pour pouvoir de nouveau te tenir à peu près droit pour rentrer. A me demander si j’allai devoir te retirer tes chaussures pour te foutre dans ton lit, ou si j’allai juste t’ouvrir la porte. Et constater le lendemain que t’étais tombé de sommeil et d’ivresse aux pieds de ton pieu, tout baveux sur le tapis. Je tentai alors de dissimuler comme je le pouvais le sourire qui tirait ma bouche, avant de le perde définitivement en t’entendant de nouveau parler. Non, finalement ce soir t’avais envie de discuter. Alors je me penchais légèrement en arrière pour t’observer encore, sans trop savoir à quoi m’attendre. Surement une longue histoire qui n’avait ni queue, ni tête. Mais j’écouterai. J’aime ça les récits épiques.

    « C’qui est c**… C’est que j’me souviens même plus p’quoi… J’me suis battu… J’me souviens juste, d’avoir pris… Deux vodka d’plus parc’que… Tu sortais pas d’ma tête. »

Je fronçais alors légèrement les sourcils. Ils avaient dû même se tordre dans un mouvement inhumain. Entre surprise et contrariété. Mais c’était presque agréable de savoir que je pouvais quand même occuper tes esprits. Comment ? Je n’en savais fichtrement rien, encore moins quand je t’entendis rire. Non, vraiment. Comme si t’allais me faire croire que tu buvais pour m’oublier. Touchant. Même si t’es saoul, et que je ne suis pas certain de saisir la teneur de tes propos. Etait-ce un compliment, ou juste encore une façon de me dire que j’arrivais même à pourrir tes soirées sans être là ?

    « C'est tout ? J’suis déçu, j’pensais qu’il t’en faudrait plus pour m’oublier… »

Soufflais-je en riant tout bas.
Comme il était tout bonnement impossible de ne pas penser à toi. Rien que la vue d’un uniforme militaire me rappelait que tu arpentais surement un couloir, pas très loin. Que quand je fixais un post-it je pensais à toutes les conneries que j’avais bien pu t’écrire dessus pour te les glisser ensuite dans une poche discrètement, ou carrément sur ta porte de chambre. J’adorais ça, tu sais, imaginer la tête que tu pouvais tirer en déchiffrant les jolis petits dessins. Et bien des fois j’avais espéré aussi que tu m’envoie un message pour me dire que j’avais l’âme d’un poète en te filant mon 06. C’est beau de rêver.

    « Oh bordel de chiottes… J’ai encore envie d’gerber... J’crois que l’autre en haut, il a pas aimé, quand j’l’ai traité d’enculé, t’à l’heure. »

Qui ? C’est qui l’autre en haut ?

    « Tu vois… Qu’est-ce que j’disais… Il m’pisse d’ssus maintenant, il est trop aimable. »

Ah. Dieu. Parce que tu y crois toi ? Si dieu existait, il ne nous aurait fait qu’amour. Personne ne vivrait de souffrance, personne ne se sentirai mal dans sa peau. Personne ne songerai non plus à mettre fin à ses jours. Il n’y aurait pas de fils de chien pour torturer, pas même ces jugements que l’on pouvait porter sur nos semblables. Pas de guerre, pas de famine, pas de maladie. Ou alors dieu est un fils de chien. Sans doute. Parce qu’il m’a fait homo, toi hétéro. Je t’observais passer ta main dans tes cheveux, sans te lâcher du regard. T’étais presque… attendrissant.

    « J’ai appris que mon meilleur ami allait ramener son cul ici… … … Lui aussi, il est homosexuel. Sauf que lui… Il passait pas son temps à reluqué mon cul… »
    - … il a des goûts de m*rde alors, ton pote…»

A ne plus rien y comprendre. La conversation prenait vraiment de drôles de tournures… mais c’était sans doute mieux comme ça, parce que pour une fois je n’avais pas besoin de te pousser à bout pour que tu me répondes. La preuve, tu parlais sans même que je n’ai besoin de te le demander. Au final, c’est toi qui faisais la conversation et je crois bien que j’aimais ça, puisque je me plu à accompagner ton sourire. Même si au fond je ne savais même pas si le lendemain tu t’en souviendrai. Mais là… j’étais bien.

    « T’es au courant, que le tabac, ca donne vraiment un goût ignoble, quand t’embrasses quelqu’un ?
    - Jusqu’ici cela n’a gêné personne… Enfin je ne crois pas. Pourquoi ? T’as l’intention de m’embrasser, là ?»

Sur ce je calais entre mes doigts le filtre orangé qui commençait déjà à se consumer, avant de l’envoyer au loin, devant. Le regarder ricocher contre le trottoir avant de trouver une toute autre nature à tes propos. Je relevais alors les yeux vers toi, sans doute beaucoup plus sérieux avant de pouffer de rire. Non, vraiment, je crois que chaque jour que Dieu fait, il n’arrêtera pas de pisser sur l’humanité. Pour lui faire perdre la tête. Que tout le monde se perde et que plus personne ne sache ce qu’il fait, ni dit. Je t’observais les yeux grands ouverts, alors que je soufflais tout bas :

    « Mon dieu, j’y crois pas… …’ttends… Khaless tu sais que là t’es en train de me faire du rentre dedans au moins ? Tu sais que là… t’es presque en train de me chauffer. »

Je me relevai alors de contre la barrière, m’éclaircissant légèrement la voix avant de poursuivre dans l’immédiat. Amusé pour sûr. Un large sourire aux lèvres, de ceux qui cachent un rire. Mais en aucun cas que j’en crevais d’envie. Que je crevais d’envie de te le donner moi ce baiser. Tout comme je crevais d’envie de glisser mes doigts dans tes cheveux, pour remettre une de tes mèches écarlates en place. Tout comme j'avais envie de te connaître ou même de te faire sourire.

    « Non parce que si c’est le cas, j’peux toujours prendre un bonbon, histoire d’ôter l’ignoble goût de tabac, hein. »

Quoi que ça me ferait cher de profiter de toi. Que tu le fasses sous le coup de l’alcool parce que t’as un coup de blues. Mais… je me tournai désormais complètement vers toi. Juste pour soutenir ton regard. Me noyer dedans. Non, dieu il ne me pisse pas dessus, parce que pour fois je te vois sourire et bourré. Et que je t’entends dire des choses que je n’aurais même pas osé imaginer.
Khaless Allen
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Professeur de Remise en Forme
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MessageSujet: Re: Oublie-moi, sous couvert de Dieu. Mer 27 Fév 2013 - 20:12

    « C'est tout ? J’suis déçu, j’pensais qu’il t’en faudrait plus pour m’oublier… »

Un sourire amer se glissait sur mes lèvres. Deux vodkas, parmi tant d’autres verres, dans plusieurs bars. Mes pensées convergeant vers ta personne n’avaient laissé place qu’à cette colère hurlante dans mon cœur et mon crâne. Voilà des dizaines de mois, que j’avais fini par m’y faire, accepter mon sort malgré cette rancœur toujours présente. J’avais changé, jusqu’à ma manière de vivre, de penser. Je pensais avoir les couilles pour sacrifier mes rêves, et mes envies. Elles étaient devenues muettes, et incapables de bouger. Je les avais fais devenir spectre d’une autre vie, qui n’était vraisemblablement plus la mienne, juste celle d’un inconnu. Un inconnu qui me ressemblait sur quelques points, et rien de plus. J’avais fini par accepter mon sort, même si il m’arrivait parfois et trop souvent, de craquer et hurler à l’injustice. Mais t’étais venu là, tel un paon, avec tes yeux de biches et tes lèvres en cœur, à te dandiner et te jouer de moi. Et puis j’avais honte et je me sentais tellement c**, lorsque j’avais cette sensation d’être tombé sous ton charme, de vouloir plus que ça, malgré ton caractère de cochon, tes capacités à dessiner des propositions sexuelles, et ton entêtement… Que j’aurais tellement pu apprécier dans d’autres circonstances. Si un jour, j’osais te le faire comprendre, je suis presque sûr que tu me rirais au nez. J’en suis certain.
    « … il a des goûts de m*rde alors, ton pote…
    - J’en sais rien… Tu verras ca avec lui, hm ? … »

Un sourire amusé ornait mes lèvres. Il t’aurait dans la poche en deux minutes. Peut-être même dans son lit en une soirée, s’il le désirait. Cela serait peut-être une bonne solution. Tu te détournerais de moi pour ne voir que lui. Il était bel homme, il a toujours plu. Aux femmes, aux hommes. J’aurais la paix, et je pourrais passer à autre chose. Mais pourquoi cette simple idée, m’emplissait de colère et de frustration ? Non, je n’ai jamais compris ses choix, le pourquoi du comment il pouvait aimer partager son lit avec un homme. Sa vie. Je n’ai jamais compris pourquoi il me disait que les sentiments ne se contrôlent pas, qu’ils passaient au-delà des attirances physiques. Que cette dernière naîtrait par la suite. Pourtant, aujourd’hui j’avais la sensation de comprendre ce qu’il avait essayé de me faire voir.
J’ai toujours évolué dans un univers d’homme. L’Armée était constituée majoritairement d’hommes. Je n’ai jamais eût aucune femme dans mes groupes d’opérations. On parle de fesses, de poitrines, on parle de sexe. Et puis vient un temps, où on parle de nos femmes, et de nos enfants. C’est une société machiste dans laquelle j’ai toujours évolué, même mon père m’a élevé ainsi. Il était donc naturel que les homosexuels soient mal vus. Et ils l’étaient toujours dans la religion. Parce que oui, j’étais croyant et anciennement pratiquant. Dieu ne fait pas tout, Dieu nous donne des cartes, il nous laisse notre libre-arbitre. L’homme n’est qu’un virus qui détruit la terre, et se nourrit des autres, et même de sa propre espèce. Il ne participe à aucun écosystème, il détruit la Terre, et prend ce qu’il veut. Dieu n’y est pour rien dans cela.
    « Jusqu’ici cela n’a gêné personne… Enfin je ne crois pas. Pourquoi ? T’as l’intention de m’embrasser, là ? »

L’intention immédiate de t’embrasser ? Négatif. Pas dans cet état. Pas avec ce goût dans la bouche. Mais l’envie, sûrement oui. Elle avait naquit en moi depuis un petit moment à présent, que je le veuille ou non. Il aura fallut tes paroles, et la honte de mon comportement pour arrêter de me le dissimuler. Je ne comprenais pas totalement ces envies, ni même comment elles avaient réussies à m’envahir. Au fond, ce n’était sûrement pas plus différent que si tu avais été une femme. Je t’aurais déjà eût des dizaines de fois déjà dans mon lit, dans le tien, sous la douche, et peut-être même sur ton bureau. Mais tu étais un homme. Et j’étais séropositif au VIH. Tu brisais trop de choses à toi tout seul, des choses que tu ignorais, et au fond cela me terrorisait certainement. Tu étais incapable de deviner ces choses là. Et tu finirais par m’échapper si je finissais par te les dévoiler.

Ce même sourire amusé était posé sur mes lèvres. Il était pour sûr que l’alcool me rendait cet air assuré et charmeur qui m’appartenait autrefois,malgré cet air de flottement sur le visage. J’observais la cigarette s’envoler. Taper le mur, et finir sur l’asphalte. Et puis je reposais mon regard sur toi, mes yeux vert finissant par se fondre dans les tiens. J’haussais légèrement un sourcil, par pure provocation, alors que je ne détachais par mon attention de toi. Mon sourire s’agrandit légèrement en te voyant et entendant pouffer. Presque adorable. Qui se tait consent, n’est-ce pas ?
    « Mon dieu, j’y crois pas… …’ttends… Khaless tu sais que là t’es en train de me faire du rentre dedans au moins ? Tu sais que là… t’es presque en train de me chauffer. »

Un rire passa mes lèvres, alors que je restais toujours aussi proche de toi. Je levais les yeux au ciel un instant, avant de laisser mes prunelles couver les tiennes.
    « Moi qui croyait qu’il suffisait… Que j’pose mon regard sur toi, pour t’chauffer... Je-suiiis…. Ex-trè-me-ment dé-çu. »

C’était de la provocation pure et dure. Et c’était sûrement la première fois que j’entrais dans ton jeu. Je le provoquais même. Sûrement pour savoir si tu avais véritablement abandonné. Ou si c’est juste notre dernière prise de bec qui t’avais refroidi. Et c’était visiblement le cas, à mon plus grand soulagement… Enfin. Je crois. Et s’il y a bien une chose que je ne supporte pas… C’est ne pas savoir ce que je veux. Ne plus savoir ce que je dois penser. C’est trop brouillon. J’aime quand les choses sont bien faites. Quand tout est à sa place. Une fois de plus, tu arrives et tu détruis tout, sans savoir si cela dérange ou pas. J’étais mon propre otage. Incapable de respirer normalement, car je ne savais pas ce qu’au final mon inconscient désirait, ce que je quémandais moi-même. Ton attention pour l’instant. Mais ensuite ?
    «Non parce que si c’est le cas, j’peux toujours prendre un bonbon, histoire d’ôter l’ignoble goût de tabac, hein. »

Des éclats de rires franc passèrent la barrière de mes lippes pâles. Et puis un frisson me prit de nouveau tout entier. Il faisait décidément trop froid. Et ce fut bon enfant que je répondais :
    « Tu m’en fil’ras trois alors, histoire de masquer le goût de tout c’que j’ai pu… In-gurgiter… Et… Régur-giter… Haha... »

Je gardais le rire inscrit dans mes traits. C’était drôle. Et cela faisait sûrement trop longtemps que je n’avais pas ris de la sorte. Mais je finis par poser le bout de mes doigts contre ton menton. Pour te faire relever la tête. J’étais soudainement trop calme, trop sérieux. Mon pouce effleura ta lèvre inférieure, tandis que je me penchais légèrement vers toi. C’était presque effrayant. Savoir que j’aurais pu, depuis le début te donner ce que tu voulais… Et que ce n’était que maintenant que je pouvais m’en sentir capable et partager cette envie. Savoir que je pourrais t’embrasser là, maintenant, instaurer enfin un minimum de sérieux extérieur dans nos discussions, dans nos silences. Alors il n’y avait plus que toi, et moi. Et je finis par continuer à me pencher vers toi. Faire naître enfin quelque chose de bien réel entre nous, lui donner consistance et un nom. Mais ce fut sur ta joue que je vins déposer un délicat baiser. C’était simple, trop chaste et pourtant j’en sentais mon cœur s’éveiller. Je me redressais à peine, relâchant ton menton, restant définitivement beaucoup trop proche de toi. Je crevais d’envie de t’embrasser, réellement, sincèrement, pour te faire comprendre que moi aussi j’en avais envie. Sauf que ce n’était pas seulement l’alcool… Alors de nouveaux mots franchirent mes lèvres, dans un souffle :
    « Pas quand… J’ai trop bu. »

Surtout pour la première fois. Je n’avais pas non plus envie de te laisser l’impression que j’avais besoin de l’alcool pour assumer… Assumer le fait que tu avais gagné, que tu avais conquis mes envies et mes pensées. Mais l’alcool m’aura permit de te le faire comprendre, mais pas de t’y faire goûter, je m’y refusais. C’était aussi mon fierté qui était en jeu. Je n’avais pas été brillant depuis le début, alors autant pouvoir me rattraper le plus rapidement possible… Dès que j’aurais vécu une meilleure gueule de bois et que je me serais remis de mes émotions. Ou bien encore un peu plus tard. Je n’en sais rien. Peut-être que je provoquerais moi-même cette entrevue, que j’oserais enfin pénétrer dans l’infirmerie pour venir t’y déranger, sans motif valable. Juste pour te coller un baiser sur les lèvres. Te regarder, et repartir sûrement de nouveau sans un mot. Juste un regard.

Alors je me redressais juste à peine, mais suffisamment pour pouvoir t’observer de nouveau, et souffler, taquin :
    « Mais ouais, penses aux bonbons la prochaine fois. Ou à arrêter d’fumer… »

Un rire silencieux se fit entendre, alors que mes yeux brillaient de malice et d’éthanol. Instinctivement, sans même penser à ce que je faisais, je vins te remettre en place cette mèche de cheveux derrière ton oreille ; alors que je m’écartais légèrement de toi. Sûrement pour résister à la tentation qui grondait en moi de plus en plus fort. Mon regarda passa contre tes lèvres et revint à tes yeux, avant de me détourner totalement. Je suis sûr que je venais de me trahir… Je remis ma main dans ma poche. Je ressentais le besoin urgent de changer de sujet, de ne plus y penser pour laisser ces désirs inassouvis s’envoler pour d’autre moment qui leur seront davantage propice. Cela devenait trop sérieux et trop tendu pour mon état. Je n’avais pas envie de regretter des gestes, des paroles. Non. C’était extrêmement c**, mais si j’avais pu apprendre une seule chose sur les femmes de mon père, c’était qu’elles étaient fleur bleue. Que le premier baiser devait être inoubliable, à la hauteur des promesses que l’on pourrait lui faire. Ce baiser là, était une promesse. La mienne ne sera pas faite dans l’alcool et la bêtise. Sauf que tu étais un homme direct et cru. Mais j’ai cru voir dans tes yeux, cette lueur d’espoir. Et j’espère que tu le comprendras sans que je ne t’en dise mot, sans que tu m’en veuilles d’éloigner ça. Et peut-être même que je délirais tout seul, que l’alcool me donnait l’impression de diriger le monde et tes envies. Peut-être que tout cela n’était que plaisanteries à tes yeux… Mais j’ai fini par te croire. Cela m’arrangeait et me rassurait dans ma position.
Alors je me raclais la gorge doucement, avant de demander, le regard toujours perdu sur la rue et les lampadaires du trottoir d’en face :
    « …Tu rentrais au centre ? »

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